ville durable et changement climatique

Des réalisations françaises à l’international

Eco-gestion des eaux grises de l’aéroport de Djeddah

Arabie Saoudite, Djeddah
AR ARCHITECTES
Eaux usées
Aéroport de Djeddah (GACA)
-190 tCO2e/an
(-88 %)
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Contexte

Le cabinet AR ARCHITECTES  a été choisi comme sous-traitant, avec l’Atelier d’écologie urbaine (AEU),  par les paysagistes TN PLUS et l’équipe de maitrise d’œuvre (ADPI) pour la conception des aménagements paysagers  d’un nouveau  terminal de l’aéroport international King Abdulaziz de Djeddah en Arabie Saoudite.  Le site se trouve dans une zone désertique. L’objectif a été de recréer sur le site de l’aéroport une zone artificielle ayant pour but de recycler les ressources disponibles (eau et air). Le projet est en vue d’une certification LEED, l’équivalent américain de la norme HQE®, la gestion durable de l’eau était un des éléments essentiels du cahier des charges. 

 

Le projet

AR ARCHITECTES a réalisé l'étude de conception technique et de dimensionnement du jardin  de 25 000 m² destiné à filtrer les eaux grises du terminal (ablutions, douches). Les eaux en sortie du terminal   (1 000 m³/jour) sont acheminées vers une cuve de stockage qui permet d’alimenter par petits volumes les premiers filtres. Puis entre chaque filtre, l’écoulement de l’eau se fait de façon gravitaire. Le jardin est conçu sous la forme d’une cascade de bassins étagés : la dépollution est réalisée par les écosystèmes aquatiques dotés de capacités phyto-épuratrices, réparties entre la filtration mécanique des sédiments, la biodégradation microbienne associée aux racines des polluants organiques et la consommation des nutriments (azote et phosphore) par la biomasse des végétaux supérieurs.

 

Enjeux gaz à effet de serre

Le projet a permis un économie sur différents postes :

  • Bilan carbone réduit par rapport aux matériaux de construction (jardin en terre par rapport à des ouvrages en béton).
  • Moins d’achat d’eau potable à la ville pour les usages sanitaires
  • Moins d’achat d’eau potable pour l’arrosage du jardin
  • Moins d’énergie pour le pompage de l’eau à l’extérieur du bâtiment vers une station d’épuration classique.
  • Pas d’usage de produit chimique (réactifs)
  • Faible entretien et maintenance.
  • Projet favoirisant le retour de la biodiversite.
Cas de référence

Traitement de 1000 m3/j d'eaux usées par station d'épuration

Frontière du système :
  • Consommations énergétiques
  • Emission de CH4 (fermentation des eaux usées)
  • Emission de N20 (nitrification/dénitrification)
Données utilisées pour les calculs
  • DCO eliminée : 108 mg/L

  • N réduit : 7 mg/L

  • Energie liée au fonctionnement d'une STEP (Electricité: réseaux, usines et bâtiments tertiaires ; postes fixes de combustion) : 0,538 kgCO2e / kWh (source : Base Carbone)

  • Facteurs d'émissions de la Base Carbone :
    Emissions des CH4 liées au process d'épuration : 2.40E-4 kgCO2e/kg DCO éliminée 
    Emissions des N2O liées au process d'épuration :  0.0649 kgCO2e/kg NTK
    Electricité Arabie Saoudite : 0.737 kgCO2e/kWh

     

+ 215 tCO2e/an

Cas étudié

Traitement de 1000 m3/j d'eaux usées par phytoépuration

Frontière du système :
  • Consommations énergétiques
  • Emission de CH4 (fermentation des eaux usées)
  • Emission de N20 (nitrification/dénitrification)
Données utilisées pour les calculs
  • DCO éliminée : 108 mg/L

  • N réduit : 7 mg/L

  • Equipements : 4 pompes électriques d'une puissance unitaire d'1 kW

  • Facteurs d'émissions de la Base Carbone :
    Emissions des CH4 liées au process d'épuration : 2.40E-4 kgCO2e/kg DCO éliminée 
    Emissions des N2O liées au process d'épuration :  0.0649 kgCO2e/kg NTK
    Electricité Arabie Saoudite : 0.737 kgCO2e/kWh

+ 25 tCO2e/an

Réduction des émissions de GES
25 - 215 = -190 tCO2e/an
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Les étapes de dépollution des eaux

La dépollution des eaux  se réalise  par étapes tout au long de la succession des bassins plantés conçus pour travailler  en percolation (filtres verticaux) ou en translation (filtres horizontaux). Les premiers bassins, à flux vertical, plantés de  roseaux ont une action sur la dégradation des  matières organiques et la rétention des matières en suspension. Les autres bassins, à flux horizontaux, sont plantés en papyrus et en plantes consommatrices de nutriments  comme des jacinthes d’eau. A  l’aval, l’eau dépolluée et filtrée  est stockée dans des cuves, un système de pompes permet de réutiliser et valoriser cette eau épurée soit pour le lavage de voiries extérieures soit pour des usages sanitaires à l’intérieur du terminal.